Varkala-cochin
On quitte les touristes. Le rickshaw est presque à l'heure. Sa machine est récente, il conduit prudemment. On prend une autre route, ce qui fait que je ne pourrai
pas photographier l'usine de briques. On arrive à l'heure prévue à Quillon, on prend nos billets de bateau et on part prendre le petit dej.
Retour au bateau, on s'est installé au ras de l'eau, pour ne pas cramer, bien que l'étage soit couvert. Superbe balade, longue, 8h pour 80kms, à faire vraiment. On
passe en alternance de boyaux relativement étroits à de grands lacs, parfois ouverts sur la mer. Variété de paysages, d'animaux, d'habitats, un régal. Le moteur, comme tout en Inde fait beaucoup
de bruit. Je mets ma sono. Pause déjeuner rapide et c'est reparti. Plus nous remontons, plus les canaux sont couverts de narcisses d'eau. Je devrais dire entièrement recouverts par endroit.
Parfois, le bateau s'arrête, met la marche arrière et repart. Peut être pour dégager l'hélice? Je me vois bien dans "african queen". Le mécano descend dans le moteur, je suis. Il débranche la
sortie d'une pompe de cale, essaye de souffler dedans, c'est du tuyau de 40, rebranche et repart actionner, la pompe à main,....avec le pied.
On croise de superbes house boat, partie habitation en bambou tressé, groupe électrogène, clim. Plus de membres d'équipage que de touristes. A l'inverse on croise
des pirogues chargées à ras bord de terre. Ils avancent avec une perche faite en bambou, voir rapiécée avec 2 morceaux. Très nombreux carrelets de pêche. Bref je me répète un régal, avec toujours
les cocotiers en toile de fond.
Vers la fin de l'après midi, on assiste à la toilette et à la lessive. Dans le canal bien sûr. Pour ne pas dénaturer la beauté de la promenade, je ne décris pas tout
ce qui se déverse dans ce canal.
Le lavage du linge se fait sans frotter, mais le linge est battu (sans battoir) contre une pierre, jusqu'à ce que, de guerre lasse, la saleté aille s'installer
ailleurs.
Nous arrivons à Allepey à la nuit tombante, et filons à l'hôtel qu'on a réservé en début de semaine.
Après le petit dej, je prends quelques photos. Le jardinier vient me voir et me donne des explications sur chaque arbre. Et bien, je viens de voir l'arbre à noix de
cajou. Moi qui pensais, que tous les apéros, comme cacahuètes, tucs, chips et noix de cajou poussaient en terre! Bon on prend notre rickshaw pour aller à la station de bus. Je le fais arrêter
pour prendre en photo la bijouterie. Un mini palais blanc, avec des statues grecques à chaque angle, superbe. Les panneaux publicitaires pour les chaînes de bijouteries sont immenses. Aucun
équivalent en France. Dans chaque bijouterie, il y a foule. On a vu çà partout, et à Cochin, où on s'est promené à pied, c'est encore plus vrai. Les grosses bijouteries se touchent, 8
présentateurs, 1 manager, 3 caissiers, et plein de clients. A 10h ou à 20h.
Donc on a pris notre bus pour Cochin, du moins on l'espère. On trouve 2 places au fond. Ne pas prendre la place réservée aux femmes! On constate la vétusté de
l'engin, mais enfin de là où on est, on ne verra pas le danger arriver. L'avertisseur fonctionne. Au bout d'un moment, le receveur, s'assoit à sa place, c'est à dire, là ou Patrick était. Il a un
don pour çà, comme pour choisir les plats non dispo, ou les vêtements où seule sa taille est manquante. En parlant de taille, mon sac à dos est un vrai sac à dos indien. On peut mettre pas mal de
choses dedans, mais une fois que je l'ai eu rempli, je rentre à grand peine dans les bretelles détendues à fond. Je passe sous silence la sangle ventrale, inutilisable!!
Et bien, le bus c'est un bus indien, un moteur bruyant, un échappement encore plus, la carlingue vibrant énormément sous les sollicitations du chauffeur, et des
places pour indiens, c'est à dire que Patrick et moi, côte à côte, sommes bien serrés sur notre banquette. Pour mon malheur, le contrôleur est corpulent, et je passe au stade très serré. A la fin
du voyage, il me demandera d'aller ailleurs. Vu de l'intérieur, la conduite est identique à ce que nous connaissions. Après un arrêt, une bonne partie des passagers est descendue? On voit la
route. Et les nombreux 2 roues, ou voitures d'ailleurs, qui traversent simplement la route, que le bus trace, à fond et klaxon bloqué. Paix à l'âme du malheureux qui calerait, ou trébucherait
devant lui.
On arrive néanmoins intacts à Cochin. Un petit tour de rickshaw et nous voilà rendus à notre hôtel. Plein centre, propre et un des moins chers du périple 330rps par
nuit (6,6€ la chambre). Heure de départ=heure d'arrivée, on paie pour 24 heures d’hôtel. Original.
L'après-midi, on part compléter ma garde robe à fort cochin. On prend le bateau, traversée 15mns pour 2,5rps.
On jette un oeil au moteur, dont le ralenti est trop élevé, mais çà fait longtemps que le compte tours a rejoint ses ancêtres. On trouve que l'accostage se fait un
peu vite, il est surtout un peu loupé. Quelques explications. La bateau (beaucoup moins de bouées que de passagers, mais on doit pouvoir en accrocher plein de petits indiens sur une seule), n'a
pas de pare battage, juste un plat-bord en bois. Le quai, en béton, a deux pneus mais moins épais que les poteaux d'amarrage. Donc, dans le meilleur des cas, le bateau frotte bois contre bois,
mais le plus souvent c'est bois contre béton, à l'arrivée comme au départ. Les pneus sont impossibles à toucher.
Pour corser la manoeuvre, il faut être 2 pour piloter. Le pilote au-dessus, qui a la barre, et le mécano, à côté de nous, c'est pour çà que je détaille, qui agit sur
les gaz ( on-off ), et sur marche avant ou arrière (levier de 1m de long). On peut admirer la tringlerie des renvois puisque le moteur n'est pas couvert. Pilote et mécano communiquent au moyen
d'une cloche, mais je n'ai pas réussi à décoder. Marche avant, arrière, point mort, gaz ou ralenti. Comme le mécano ne voit rien du quai à cause de tous les voyageurs, çà explique les accostages
folkloriques (30 ou 40 par jour). Au fait, dans le bus c'est le même système. Une corde court au plafond du bus et actionne une cloche à côté du chauffeur. C'est le contrôleur qui s'en
sert.
On a vu des bus bondés, où les gens souvent des jeunes restent sur les marches, voir restent agrippés en dehors du bus, le must étant ce bus avec des gens dehors qui
double un autre bus roulant. S'il avait du se rabattre, il y aurait eu de l'hommelette! Incredibale India!
Je complète mon trousseau dans le quartier juif de fort Cochin, la partie la plus marrante est quand on discute de la taille des vêtements féminins et que je cherche
dans la boutique, une femme ayant des proportions européennes, dira-t-on. Les perruches gloussent!!
On visite le dutch palace célèbre pour ces fresques. Avant de rentrer, Patrick et moi discutons de l'outillage toujours absent en Inde, à part le marteau et l'espèce
de pioche-pelle qui fait tout. Là, 2 ouvriers font sauter des briques du pavage. Il y a le marteau, 1 pour 2. Le second tape sur son burin (ou supposé) avec un coude de tuyau de chauffage, vissé
sur 10cms de tube. Je vous laisse deviner l'efficacité!
Pas grand chose à voir dans le palais, à part un beau plafond à caissons. Nombreuses peintures de divinités, difficiles à appréhender, malgré les commentaires, tant
elles sont chargées. Sauf celles de l'étage inférieur, où on voit Vishnou avec toutes ses mains et ses pieds satisfaire sexuellement ses admiratrices. Là, le pincement des tétons et les caresses
sont explicites!
Le peu de fois où j'ai ouvert une bible, je n'ai jamais rien vu de semblable, et je ne pense pas que le Coran ait surenchéri!
Bref, joie des couleurs, joies de la vie, qu'on retrouve chez les indiens en général.
Retour à notre base. Ce soir, le meilleur restau de Cochin. Dixit le guide. Il devait être bon, mais pas bien géré. Il est fermé, nous dit un commerçant d'en face,
qui nous conseille un équivalent. Nous y allons, déjà du monde, clim un peu fraîche, super classe. Patrick, fidèle à son habitude, prend un plat (dans les spécialités maison) qui n'est pas
disponible. Son plat est spécial, un peu dans le genre de ma salade de fruits aux légumes chaude d'Ooty, mais çà passe.
Nuit agitée, les escadrons de la piqûre guettaient et sont entrés en action cette nuit. Bien emmitouflés dans le drap, malgré la chaleur étouffante, on a subit des
attaques. Patrick sur les épaules, moi le bras et la main gauche constellés de piqûres. Peut-être des fourmis en plus des moustiques. Heureusement, on ne redort pas là. On repart faire une balade
à Fort Cochin. Avec les vendeurs de babioles près de l'embarcadère, on discute politique étrangère de la France, pas de problème de compréhension, avec ou sans little bit. Retour à la cantine, où
Patrick persiste dans ses choix impossibles. On essaie de discuter avec le serveur, qui nous dit être de Munnar. Çà fait tilt dans ma tête. Munnar c'est à côté de la province du Tamil Nadu, donc
il doit connaître le tamoul. J'explique: lors de la dernière crevaison, pendant la réparation du pneu, j'ai pris des photos de l'ouvrier et du petit jeune qui a prêté la clé de 14. Comme
d'habitude, j'ai pensé demandé l'adresse pour envoyer les photos, puis suis passé à autre chose, résultat, je suis parti sans. Mais Patrick a gardé la facture, victoire! Mais elle est en
tamoul, nous sommes dans le Kerala, et tous les gens à qui je demande ne savent pas traduire. Donc mon serveur, s'il sait lire (à peu près) le tamoul, ne semble pas savoir l'écrire. Il appelle
son collègue, qui en appelle un autre, bref tout le personnel du restau rapplique, et j'ai ma traduction. Alléluia, Vischnou est grand!
Ce matin, on est retourné voir (pas écouter, on ne comprend rien) la messe à l'église St Francis ( où est mort Vasco de Gamma). Il n'y avait pas foule (plus de monde
pour voir les fresques (ou frasques) de Vishnou).
L'église est bien éclairée, bien ventilée, bien séparée, hommes d'un côté, femmes de l'autre. Une question sans réponse : au dessus des fidèles, parallèles à
l'allée centrale, 2 rangées de tissus épais genre drap, 50cms de haut, sur une corde. Je pense qu'avant les ventilos électriques, ils devaient servir à éventer les ouailles, afin qu'elles ne
s'endormissent point pendant le sermon. Pas de traduction en rosbeef de la dernière phrase.
C'est l'heure de la sieste avant l'emballage final.
Retour sans problème, l'avion a 1h30 de retard. Normal.
Au final, j'ai adoré le pays et les gens. Les paysages à part les côtes et les plantations de thé, ne sont pas terribles. La pollution, y compris sonore est très
présente. Quant à la façon de conduire, c'est à mon avis le frein essentiel à une découverte à moto de ce pays.